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Commerce : Les Ordonnances Macron accélèrent les plans sociaux dans les grandes enseignes

Commerce

Les Ordonnances Macron accélèrent les plans sociaux dans les grandes enseignes
 
 
 jeudi 18 janvier 2018    
 
Pimkie, Cora, Sodexo, Castorama, Monoprix... Les plans sociaux dans le commerce se suivent et parfois se ressemblent. À ce titre, la CGT Commerce organisait une conférence de presse, ce 17 janvier, qui réunissaient des délégués syndicaux de Pimkie, Carrefour, KFC, Cora, Sodexo, Castorama, Monoprix, Vivarte. « Dans ces entreprises, des processus de restructuration, des plans sociaux ont été abordés avant l’adoption des ordonnances Macron pour la plupart d’entre elles. Mais nous constatons que les Ordonnances Macron donnent un coup de fouet à la mise en place de ces plans », constate Amel Kefti, secrétaire fédérale de la CGT Commerce.
 
Si Pimkie a réussi à éviter la rupture conventionnelle collective (RCC), en revanche ils n’ont pas pu esquiver le plan de départ volontaire (PDV). « Pourtant en France il n’y a pas de motif économique qui justifie la mise en place de ce PDV, explique Valérie Pringuez, délégué syndical central (DSC) de Pimkie. Résultat, la direction fait pression sur les salariés pour qu’ils partent », ajoute-t-elle. L’ouverture des négociations a été fixée le 23 janvier prochain. Devraient s’ensuivre cinq négociations. D’ores et déjà, la CGT a refusé de signer l’accord de méthode, et a maintenu le droit d’alerte. Mais certaines organisations syndicales ont décidé de bloquer l’expertise...
 
Les restaurants KFC, pour leur part, ont été rachetés en juillet dernier par le groupe polonais Amrest, déjà présent chez Pizza Hut par exemple. « Ils ont racheté 42 restaurants pour motif économique. Ils en ont profité pour licencier 65 salariés, dont la totalité des représentants du personnel », explique Marc Mukuta, représentant syndical chez KFC.
 
Chez Cora, c’est le service après vente (SAV) qui est menacé. « On nous en a fait la première annonce le 10 avril, mais la première réunion s’est tenue lundi dernier, le 15 janvier. Cora veut supprimer le SAV et ce sont 80 personnes qui sont menacées de perdre leur emploi. Pourtant, Cora a encore fait des bénéfices de l’ordre de 112 millions d’euros », explique Olivier Marzec, DSC chez Cora, lui-même technicien au SAV.
 
Chez Carrefour, repris en main le 17 juillet dernier par Alexandre Bompard, les salariés attendent les annonces de la direction, le 23 janvier prochain. Tous craignent un plan social. Dans une autre enseigne de la grande distribution, Monoprix, la direction a procédé à la session des murs de 15 magasins en décembre dernier : « Depuis 9 d’entre eux ont été définitivement fermés. » Chez Vivarte, les craintes aussi sont vives. « Depuis 2013, les effectifs du groupe ont fondu, de 22 000 salariés à 13 000 actuellement », explique Karim Cheboub, DSC chez Vivarte. « Deux enseignes viennent d’être cédées, Naf Naf et André. Nous ne devrions compter, à la fin de cette année, plus guère que 10 000 salariés. » Pour Amel Ketfi, secrétaire fédérale, « les ordonnances Macron rendent possibles un PSE avant transfert, ce qui a tendance à les faciliter. Par ailleurs, le périmètre économique à prendre en compte pour lancer un PSE est hexagonal, quand bien même l’établissement visé fait partie d’une multinationale qui dégage des bénéfices à l’international. » La Fédération Commerce craint maintenant l’arrivée, dans leurs secteurs d’activité, des contrats de chantier. Seule solution contre la régression sociale, la mobilisation. « La Fédération appelle l’ensemble des salariés de nos secteurs professionnels à poursuivre et à amplifier les mobilisations, tant au niveau des entreprises, qu’au niveau national. »