La dynamique industrielle en Aquitaine connaît un renouveau, portée par des secteurs traditionnels et des filières émergentes en pleine mutation. Les entreprises recrutent massivement sur plusieurs métiers clés, entre transformation des filières classiques et développement de nouveaux besoins liés à la transition énergétique et la digitalisation. Voici l’essentiel à savoir pour bien saisir la réalité de l’emploi industriel en Aquitaine actuellement :
  • L’aéronautique, l’agroalimentaire, la chimie, la métallurgie et l’industrie du bois concentrent la majorité des embauches de la région.
  • Les métiers d’opérateur, de technicien de maintenance, d’électrotechnicien, de cariste, de soudeur ou encore d’ajusteur-monteur sont extrêmement recherchés.
  • Les compétences en automatisme, usinage CNC, robotique, ainsi que les profils à double compétence (technique et numérique) font la différence.
  • La transition écologique pousse la création d’emplois dans le recyclage industriel, l’énergie verte et la valorisation des déchets.
  • L’intérim, l’alternance et la formation professionnelle jouent un rôle majeur pour faire face à la forte tension sur plusieurs métiers.

Une industrie aquitaine en pleine mutation : quels secteurs tirent l’emploi ?

Parler de l’industrie « en Aquitaine », c’est d’abord observer un paysage pluriel, plus dynamique qu’on ne l’imagine souvent. Malgré les clichés du « monde d’hier », l’industrie locale associe filières historiques et pôles d’innovation. Les chiffres récents le confirment : en 2023, l’industrie emploie près de 228 000 personnes en Nouvelle-Aquitaine (source : INSEE/France Industrie), dont une part significative en ex-Aquitaine.

  • Aéronautique et spatial : le poumon industriel régional — Bordeaux et son bassin restent un centre industriel incontournable avec Dassault, Thales, Safran ou ArianeGroup. La filière pèse fort, avec des centaines de recrutements tous niveaux chaque année, notamment pour soutenir l’essor des énergies propres et de la digitalisation embarquée (source : Aerospace Valley).
  • Agroalimentaire : des emplois de la terre à l’usine — Près de 32 000 salariés répartis dans une mosaïque de PME, coopératives et grands groupes (Lur Berri, Euralis, Labeyrie, etc.), portés par la transformation alimentaire, la logistique, la qualité/sécurité ou encore la maintenance des équipements (sources : ARIA Nouvelle-Aquitaine, Agreste).
  • Chimie et pharmacie : la diversification comme moteur — Le bassin bordelais et le Lot-et-Garonne, notamment par Sanofi, Cheminova, ou Pierre Fabre, recrutent des opérateurs, techniciens de production, conducteurs de process ou ingénieurs spécialisés.
  • Métallurgie, bois et matériaux : un socle industriel diversifié — Landes, Dordogne, et Gironde disposent d’une puissante industrie du bois et de la transformation, alors que Soudax, Lapeyre, Rénoval, ou Tembec figurent parmi les employeurs-clés pour les métiers de la maintenance, du réglage de machines, du traitement des surfaces ou de la transformation du bois (source : FIBOIS Nouvelle-Aquitaine).
  • Environnement, recyclage et énergie verte : la nouvelle vague — L’éolien, le photovoltaïque (Bordeaux, Pau), le recyclage industriel (Veolia, Paprec), la méthanisation et les écotechnologies accélèrent la création d’emplois techniques et de métiers hybrides.

Les métiers industriels qui recrutent le plus : panorama actuel

La région vit une tension réelle sur quantité de postes industriels, qui ne trouvent parfois pas preneur malgré des besoins urgents. Cette donnée est confirmée par Pôle Emploi, l’UIMM (Union des Industries et Métiers de la Métallurgie) ou le Medef local. Voici ceux où la demande explose actuellement :

Métier Secteur(s) Compétences recherchées Situation du marché
Opérateur/Opératrice de production Agroalimentaire, chimie, métallurgie, bois Rigueur, suivi qualité/sécurité, cadence, autonomie Grands volumes, renouvellement élevé, formations rapides
Technicien(ne) de maintenance Tous secteurs industriels Électrotechnique, hydraulique, automatisme, lecture de plans Crise de recrutement persistante, nombreux CDI, salaires attractifs
Soudeur/Assembleur Métallurgie, aéronautique, énergie Soudure TIG/MIG/MAG, lecture de plans, précision Formations courtes, forte tension, mobilité interne
Conducteur(trice) de ligne automatisée Agroalimentaire, pharmacie, emballage Automatisme, supervision, réglages de machines, maintenance de 1er niveau Recrutement régional massif, alternance privilégiée
Cariste/Logisticien industriel Tous secteurs CACES, gestion d’entrepôt, outils informatiques CDI, intérim abondant, évolution rapide possible
Technicien(ne) méthodes/Industrialisation Aéronautique, mécanique, automobile Analyse de process, Lean Manufacturing, bureautique avancée Profils rares, évolution rapide vers chef d’équipe
Ajusteur-monteur Aéronautique, mécanique Lecture de plans, assemblage de précision, outils mécaniques Spécialité locale, formations spécialisées en tension
Électrotechnicien(ne)/Automaticien(ne) Aéronautique, énergie, process Programmation, robotisation, diagnostic, maintenance Salaire élevé, très forte demande, flexibilité appréciée

Derrière ces profils techniques, un second cercle de métiers émerge : conducteurs de travaux, dessinateurs-projeteurs, qualiticiens, coordinateurs QHSE (Qualité-Hygiène-Sécurité-Environnement), et responsables supply chain. Les besoins sont constants, mais la tension varie selon les filières et les zones géographiques.

Focus sur la transition écologique et la digitalisation : de nouveaux métiers en croissance

L’essor de l’industrie verte et la transformation numérique modifient le paysage des compétences recherchées. À mesure que les enjeux de durabilité deviennent structurants, de nouveaux métiers apparaissent, et les métiers classiques évoluent. Quelques exemples concrets :

  • Technicien(ne) biogaz ou photovoltaïque : activités liées à la maintenance d’installations d’énergie renouvelable, forte recrudescence de recrutements sur le bassin bordelais, le Béarn, et les Landes.
  • Opérateur(trice) de tri et de recyclage industriel : poste en croissance dans le secteur du traitement des déchets industriels et la valorisation des matières premières secondaires.
  • Technicien(ne) robotique industrielle : maintenance des robots de production, programmation, intégration des cobots (collaborative robots), notamment recherchés autour de Bordeaux et Agen.
  • Chef(fe) de projet digitalisation industrielle : pilotage de la transformation numérique des ateliers, gestion des flux « zéro papier », cybersécurité des processus de production.

Plus largement, chaque métier « classique » se redéfinit sous l’effet de la digitalisation. Les industriels recherchent de plus en plus des profils mixtes, capables d’intervenir à la fois sur la technique pure et les outils numériques (GMAO, supervision à distance, capteurs connectés). À noter aussi que le secteur du recyclage, du traitement de l’eau et de la valorisation énergétique pèse déjà plusieurs centaines d’emplois nouveaux annuels (source : ADEME, Région Nouvelle-Aquitaine).

Compétences clés recherchées et évolution des attentes

On observe un appétit croissant des employeurs pour les profils agiles, formés et capables d’évoluer avec leur outil de travail. Les principales compétences recherchées en 2024 sont :

  • Maîtrise de l’automatisation et de la programmation industrielle
  • Lecture de plans et adaptation rapide aux évolutions des process
  • Respect des normes qualité et sécurité, rigueur dans l’application des protocoles
  • Capacités d’analyse, de résolution de problèmes, de maintien de la production
  • Montée en compétence sur l’outil informatique et les interfaces homme-machine
  • Aptitudes relationnelles pour le travail en équipe, la transmission entre générations et la coopération interservices

De très nombreux postes sont ouverts aux débutants motivés comme aux profils expérimentés, les entreprises recourant abondamment à l’alternance, à l’apprentissage, à la formation continue ou encore à la mobilité interne. Le niveau d’études exigé varie du CAP/BEP à Bac+2/3, voire ingénieur ou licence professionnelle sur les métiers pilotant des équipes ou des projets.

État du marché du travail industriel et dispositifs de soutien à l’embauche

La tension sur de nombreux métiers est due en partie à un déficit d’attractivité lié à des représentations parfois dépassées de l’industrie. Pourtant, les salaires progressent, les conditions de travail s’améliorent, et la diversité des carrières ne cesse de s’élargir. À titre d’exemple, un technicien de maintenance industriel en Gironde peut envisager un salaire d’embauche entre 2 100 et 2 500 € brut, avec de rapides perspectives d’évolution.

  • L’intérim : tremplin majeur — Les agences d’intérim industriel jouent un rôle structurant, offrant des missions longues, mais aussi de véritables passerelles vers le CDI après quelques mois.
  • L’alternance : un vivier plébiscité — Du CAP à Bac+5, l’alternance permet à la fois d’acquérir une expérience concrète et de répondre au besoin urgent de renouvellement des effectifs (près de 7 000 alternants dans l’industrie en Nouvelle-Aquitaine, source : OPCO 2i, 2023).
  • Accompagnement à la reconversion et dispositifs publics — Les dispositifs « Transitions collectives », « Pro-A », « Action de formation préalable à l’embauche (AFPR) » ou l’accompagnement régional (CARIF-OREF Nouvelle-Aquitaine) élargissent considérablement l’accès à ces métiers.

Au total, plus de 20 000 recrutements industriels sont annoncés en Nouvelle-Aquitaine sur 2024/2025, dont environ 8 000 en ex-Aquitaine (source : Pôle Emploi, enquête Besoins en main-d’œuvre).

Ce qu’il faut retenir et perspectives pour les prochains mois

L’industrie aquitaine est un vaste terrain d’opportunités, loin du déclin qu’on lui prête à tort. Aux côtés des incontournables (aéronautique, agroalimentaire, chimie, bois), les filières d’avenir – énergies renouvelables, digitalisation industrielle, économie circulaire – sont devenues de puissants moteurs de créations d’emploi. Si certains métiers restent en tension, la région multiplie les initiatives pour ouvrir l’accès à tous : accompagnement vers la formation, valorisation de l’alternance, campagnes de sensibilisation dans les collèges et lycées, soutien accru à la mobilité et à la reconversion.

Les défis ne manquent pas : féminisation, amélioration des conditions de travail, transition des compétences vers le numérique et l’écologie. Mais les opportunités, elles, n’ont jamais été aussi concrètes, diversifiées et accessibles, que ce soit pour décrocher un emploi, changer de voie ou investir ses compétences au service d’une industrie aquitaine cohésive, innovante et plus solidaire que jamais.

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