La santé et la sécurité au travail : plus qu’un slogan, une réalité ?
La santé et la sécurité figurent parmi les conquêtes les plus palpables des mouvements collectifs en Aquitaine, notamment dans le secteur industriel et agricole, deux piliers régionaux. Un exemple : la mobilisation du collectif des travailleurs agricoles du Lot-et-Garonne autour de l’utilisation des pesticides dans les années 2010. Grâce à des plaidoyers conjoints de la CGT, de la CFDT et d’associations de riverains (source : Sud Ouest), plusieurs exploitations ont mis en place des équipements de protection et amélioré leurs procédures de sécurité, alors que les mesures nationales tardaient à s’appliquer. Des comités d'hygiène locaux ont vu le jour, permettant la remontée rapide des problèmes et l'instauration d'une surveillance accrue des conditions de travail.
Autre avancée notable dans la santé : la coordination des CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) en Aquitaine a permis dès 2016 — avant même la réforme nationale du CSE — de mutualiser les expertises sur les risques psychosociaux dans les secteurs sociaux et médico-sociaux. Cela s’est traduit par la signature d'accords locaux sur le droit à la déconnexion et l'aménagement des horaires, imposant des garde-fous propres à la région (source : DREETS Nouvelle-Aquitaine, 2022).
Salaires et égalité : quand la mobilisation paie
Le secteur de la grande distribution illustre parfaitement les effets tangibles des luttes. En 2019, les salariés girondins de plusieurs enseignes (Auchan, Carrefour) ont mené des grèves locales coordonnées, dénonçant le gel des salaires. Suite à ces mouvements portés par la CGT et FO (selon France 3 Nouvelle-Aquitaine), des augmentations ont été arrachées, souvent d’un montant supérieur à ce qui était prévu initialement dans les négociations nationales — un effet "locomotive" reconnu.
En parallèle, plusieurs mobilisations portées par des collectifs de femmes (notamment dans l’agroalimentaire, dans les Landes et le Lot-et-Garonne) ont poussé certaines entreprises à publier leur index d’égalité salariale, avant même que la législation ne l’impose, et à accélérer l'alignement des grilles de salaires femmes/hommes. Le rapport de l’Inspection du travail (2022) souligne que parmi les 50 entreprises les plus avancées sur la transparence salariale en région, 2 sur 3 avaient connu une mobilisation dans les 18 mois précédents.