Toutes les industries ne sont pas égales face aux mouvements sociaux. Certaines concentrent la majorité des débrayages et mobilisations. Voici les secteurs les plus touchés, selon des données issues d’observations syndicales, d’études de la DIRECCTE Nouvelle-Aquitaine et des médias locaux.
1. L’aéronautique : entre enjeux globaux et tensions locales
L’industrie aéronautique est un fleuron régional, portée par de grands groupes comme Dassault Aviation (Mérignac), Thales, Safran Aircraft Engines (Tarnos), ou Liebherr Aerospace (Pau). Ce sont environ 45 000 salarié.e.s dans le secteur sur la région (Aerospace Valley).
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Grèves d’ampleur : Les périodes de restructuration, comme pendant la crise de la Covid-19 en 2020, ont vu une hausse des mouvements sociaux. En juillet 2020, plusieurs milliers de salarié.e.s d’Airbus et sous-traitants ont fait grève sur les sites de Mérignac et alentours, pour protester contre 1 500 suppressions de postes prévues sur trois ans (Sud Ouest).
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Exigences syndicales : Les principales revendications portent sur la sécurité de l’emploi, les conditions de travail, la reconnaissance des qualifications et l’égalité hommes-femmes dans les carrières techniques.
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Mobilisations locales : À Tarnos, le site Safran Aircraft Engines a connu en 2023 six débrayages syndicaux pour des grilles salariales jugées insuffisantes par les salariés (France Bleu).
La forte syndicalisation et l’exposition internationale du secteur expliquent la médiatisation et la vigueur de ces grèves, avec des répercussions sur l’ensemble de la filière aéronautique régionale.
2. L’industrie agroalimentaire : une mobilisation diffuse mais tenace
L’agroalimentaire représente près de 38 000 emplois directs en Aquitaine (INAO). Les grèves, ici, touchent autant de grandes entreprises (Labeyrie, Delpeyrat, Marie Surgelés) que d’unités de production plus modestes, tout au long de la chaîne : abattoirs, conserveries, transformation, emballage.
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Facteurs déclencheurs : Les arrêts de travail concernent, le plus souvent, la défense du pouvoir d’achat (notamment hausse du SMIC et revalorisations salariales), le refus de flexibilisation accrue, ou la dégradation des conditions de travail (temps partiel, saisonnalité).
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Exemple : En 2022, l’usine Labeyrie de Came (Pyrénées-Atlantiques) a connu 15 jours de grève pour les salaires, impactant toute la chaîne du foie gras en pleine saison festive (France Bleu).
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Particularité : Ce secteur, fortement féminisé, combine souvent précarité et pénibilité, ce qui alimente une tradition de lutte, parfois moins visible que dans l’industrie lourde mais persistante.
À noter : la dimension rurale et la forte saisonnalité de l’agroalimentaire rendent les mouvements parfois moins spectaculaires, mais leur impact social demeure crucial pour des territoires enclavés.
3. La chimie et la pétrochimie : des bastions de la contestation collective
Moins sous les projecteurs mais tout aussi stratégique, le secteur de la chimie (chimie fine, agrochimie, plasturgie, biotechnologies) compte environ 19 000 salarié.e.s en Aquitaine (Chimie Nouvelle-Aquitaine).
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Grèves notoires : Les raffineries (Total à La Mède avant fermeture, Arkema à Pau, Sanofi à Ambarès) sont fréquemment le théâtre de débrayages portant sur des restructurations, l’externalisation, la sécurité des installations ou encore les revendications salariales.
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Illustration récente : Chez Arkema, à Lacq, trois mouvements de grève en deux ans (2021-2023) suite à des plans de suppressions d’effectifs et à la volonté d’externalisation extérieure de plusieurs activités techniques (Sud Ouest).
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Force syndicale : Grâce à de forts relais syndicaux (CGT, CFDT Chimie-Énergie), ces grèves sont structurées et souvent accompagnées d’actions concertées avec d’autres secteurs industriels (solidarité interprofessionnelle).
Le poids de la chimie rend ces grèves très sensibles, notamment du fait des enjeux de sécurité et d’environnement, souvent invoqués lors des négociations locales.
4. Le secteur du bois, papier et construction navale : un tissu marqué par la proximité
L’industrie du bois et de ses dérivés (papier, carton, meubles) emploie environ 21 000 personnes en Aquitaine (CRPF Nouvelle-Aquitaine). La construction navale, quant à elle, s’appuie sur des chantiers historiques comme ceux de l’Adour ou d’Arcachon.
- Mouvements emblématiques : En 2019, après l’annonce de la fermeture partielle de Smurfit Kappa à Biganos, près de 50 % des salarié.e.s ont cessé le travail. Les enjeux concernent principalement le maintien des sites ruraux, la valorisation du savoir-faire, et la sécurité au travail suite à des accidents graves. (France Bleu)
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Spécificité du secteur : Ces mobilisations sont souvent marquées par un fort ancrage territorial et communautaire, renforçant la capacité collective des salarié.e.s à se mobiliser rapidement.