Former et accompagner les représentants
La mutation législative s’est traduite sur le terrain aquitain par une intensification des formations syndicales. Syndicats historiques comme CFDT, CGT, FO ou CFTC, mais aussi organisations plus nouvelles comme Solidaires, ont multiplié en Aquitaine les sessions d’information spécifiques :
- Ateliers sur la constitution et le fonctionnement des CSE, adaptés à la réalité des PME et des grandes entreprises de la région.
- Formations sur la gestion de la parité dans les équipes de candidats : en Gironde par exemple, la CGT Métallurgie a créé un vivier de candidates grâce à des campagnes spécifiques auprès des salariées d’ateliers (Sud Ouest, septembre 2022).
- Groupes de travail intersyndicaux pour comprendre ensemble les subtilités des nouveaux textes et échanger des bonnes pratiques.
Innover dans les modalités de campagne et de vote
Le passage au vote électronique, largement utilisé dans les entreprises aquitaines du secteur industriel et de l’agroalimentaire (comme dans le bassin d’Anglet ou le Lot-et-Garonne), a obligé les syndicats à repenser leurs méthodes. Quelques exemples :
- Organisation de webinaires, tutoriels vidéo et permanences d’information sur les outils de vote numérique, parfois en lien avec les services RH locaux.
- Édition de guides papier pour toucher aussi les salarié·e·s moins à l’aise avec le numérique, notamment dans les secteurs viticoles du Médoc où le taux d’équipement informatique demeure inférieur à la moyenne nationale (Insee, 2022).
- Déploiement de stands itinérants dans les zones industrielles, ou de « Cafés du dialogue social » à proximité des chantiers portuaires (Bordeaux, Arcachon), favorisant des échanges directs sur la représentativité.
Chiffres locaux : Dans la région Nouvelle-Aquitaine, les syndicats partagent que près de 65% des entreprises du secteur agroalimentaire ont adopté le vote électronique pour leur dernier scrutin (source : UIMM Nouvelle-Aquitaine, 2023). Côté tertiaire, ce sont surtout les entreprises de plus de 50 salariés qui optent pour la digitalisation du vote ; les plus petites structures privilégient un mélange de bulletins papier et d’urnes traditionnelles pour conserver une proximité avec les personnels.
Adapter la communication et renforcer la proximité
La montée de l’abstention reste un défi de taille. Pour y répondre, les syndicats aquitains diversifient leurs modes de contact :
- Lancement de newsletters mensuelles en amont des scrutins, avec traduction en espagnol et en portugais dans certains bassins employeurs (notamment en Dordogne et dans le Sud-Gironde, qui accueillent une importante main-d’œuvre issue de la péninsule ibérique).
- Présence accrue sur les réseaux sociaux (groupes Facebook ou WhatsApp d’établissement) pour diffuser informations, vidéos de témoignages et FAQ sur le CSE.
- Organisation de “marches syndicales” sur les chantiers et sites éloignés, notamment dans le BTP de la côte basque ou le secteur forêt-papier dans les Landes, pour aller directement au contact des salarié·e·s éloignés du siège social.
Les syndicats relayent aussi énormément les retours d’expérience, mettant en avant la parole des plus jeunes élus, pour susciter l’intérêt et le renouvellement des équipes de représentation.