Dérèglement du rythme biologique
Notre horloge interne, calée sur l’alternance jour/nuit, contrôle l’éveil, le sommeil, la sécrétion hormonale. La nuit, la vigilance baisse naturellement, le corps ralentit. Forcer l’organisme à produire à contre-temps provoque une accumulation de « dette de sommeil ». Plusieurs études (INSERM, 2021) montrent que cette dette s’aggrave au fil des rotations, avec un impact particulièrement marqué chez les plus jeunes, les femmes, et les salariés en situation de précarité.
Effets sur la santé physique
- Augmentation du risque d’accident cardiaque et vasculaire (ANSES, 2016)
- Augmentation du risque de certains cancers (notamment du sein, selon le CIRC – OMS, classé depuis 2019 le travail de nuit comme cancérogène probable)
- Troubles digestifs et ulcères fréquemment observés
- Dérèglements métaboliques (prise de poids, diabète de type 2)
Effets psychiques et sociaux
- Irritabilité, troubles de l’attention et de la concentration
- Sentiment d’isolement, désengagement dans la vie associative ou familiale
- Augmentation des troubles anxio-dépressifs observée dans la durée (Santé Publique France, 2022)
Ces situations fragilisent les employé·es les plus vulnérables mais touchent aussi l’ensemble du collectif. Le sujet de la santé mentale au travail posté est encore trop peu abordé, alors que des initiatives comme celles de l’ARS Nouvelle-Aquitaine expérimentent des dispositifs d’écoute psychologique innovants pour les salarié·es de nuit.