Même si la réalité est difficile, de nombreuses PME industrielles d’Aquitaine inventent des formes de syndicalisme adaptées à leur contexte. Deux secteurs sont souvent mis en avant :
L’aéronautique bordelaise
Autour des pôles Airbus, Safran et Dassault, des dizaines de PME sous-traitantes (notamment à Mérignac, Latresne, Saint-Médard-en-Jalles) voient émerger, depuis la transformation numérique et les mutations du secteur, une génération de délégués du personnel issus du terrain, proches des équipes de production. Ces « syndicalistes de terrain » privilégient le dialogue informel et la médiation rapide, tout en travaillant à fédérer les revendications sur des enjeux transversaux comme la qualité de vie au travail ou l’égalité professionnelle.
Certains syndicats (comme la CFDT et la CGT locales) multiplient les visites de terrain, forment des relais internes, et instaurent des permanences délocalisées pour soutenir l’émergence d’une représentation au plus près des réalités spécifiques aux PME.
L’agroalimentaire en Lot-et-Garonne et Landes
Dans les secteurs des fruits, légumes, vins, mais aussi de l’embouteillage et de la transformation, des syndicats (CGT, FO, Solidaires) se sont organisés en réseaux inter-entreprises. Ce fonctionnement collectif, souvent à l’échelle d’une ZAC ou d’un pôle de production, facilite le partage d’expériences, la mutualisation des ressources juridiques et l’accompagnement de salarié·e·s confronté·e·s à des situations difficiles. Les salarié·e·s disposent ainsi d’interlocuteurs extérieurs à l’entreprise, évitant un face-à-face parfois bloquant avec la direction.
L’appui d’associations d’aide aux salariés, comme l’APPASE ou l’Union Départementale des Associations de Défense des Droits des Travailleurs, permet de trouver des solutions concrètes même en l’absence de syndicat structuré dans l’entreprise.